Le Point du Matin: Le diable réside dans les détails
écrit par: Jonathan Miller , Global Market Analyst
Alors que les dirigeants de l'Union européenne continuent de célébrer le dernier accord sur l'aide à la Grèce, les investisseurs restent sceptiques après avoir lu le rapport de faisabilité dans lequel il est écrit qu'une reprise de la croissance grecque est prévue en 2013. L'accord a, par ailleurs, manqué de mentionner quelques risques-clés, tels qu'une éventuelle faillite de la Grèce et le déclenchement de contrats d'échange sur risque de crédit. Une fois l'accord conclu, les effets les plus immédiats ont été ressentis dans le marché obligataire, par une baisse des taux espagnols et italiens. Les garde-fous des marchés obligataires n'ont toutefois pas épargné le Portugal, dont les taux des obligations ont augmenté de 1,45% hier, à 12,433%. Les indices européens ont fermé largement en baisse : l'AEX hollandais a perdu 0,62%, alors que le DAX allemand et l'IBEX espagnol ont tous les deux reculé de 0,58%. La Banque d'Angleterre va publier aujourd'hui le compte-rendu de la dernière réunion du comité de politique monétaire, qui précisera les positions des membres du comité concernant les nouvelles mesures d'assouplissement dont, plus particulièrement, l'injection de 50 milliards de livres supplémentaires. La paire GBPUSD est légèrement en hausse, grapillant 6 pips à 1,5785, alors que la paire EURUSD a perdu 1 pip, pour se placer à 1,3233.
Les bourses asiatiques ressentent également les effets de l'accord sur la Grèce: les indices évoluent en ordre dispersé alors que l'accord n'est pas parvenu à convaincre les investisseurs que la situation de l'UE est sous contrôle. Le Nikkei a grimpé de 0,66% et l'ASX australien a pris 0,23%. Les actions chinoises sont en baisse, alors que les prévisions annoncent une contraction de la production industrielle pour le 4e mois consécutif en raison d'un déclin de l'activité manufacturière. Ces événements ont causé le Hang Seng non pas à dégringoler, mais à perdre 0,09%. Le yen continue de s'affaiblir, alors que la paire USDJPY atteint son niveau le plus élevé en six mois. Un niveau qui permet de soutenir les exportateurs japonais, qui ont particulièrement souffert de l'appréciation du yen l'année dernière. La paire USDJPY est se trouve à 79,927, s'approchant rapidement du seuil de 80. Les paires AUDUSD et NZDUSD sont quasi-stables, en baisse de 5 et 8 pips, pour se placer à 1,0657 et 0,8332 respectivement. Les efforts de reconstruction de la Nouvelle-Zélande après le tremblement de terre de l'année dernière devraient faire pression sur la banque centrale néo-zélandaise pour relever les taux d'intérêts de leurs niveaux bas records.
Les bourses ont fermé en ordre dispersé hier : le Dow Jones et le S&P 500 ont fermé légèrement en hausse, ajoutant 0,12% et 0,07% respectivement, alors que le Nasdaq a perdu 0,11%. L'aversion au risque a refait son apparition hier, alors que les derniers efforts de l'UE ont échoué à impressionner les traders pourtant impatients d'investir dans des actifs plus risqués. L'indice du dollar US (DXY) a réagi en conséquence, grappillant 0,04% pour se replacer au-dessus de 79, à 79,137. Le pétrole brut continue de grimper, soutenu par les menaces iraniennes, et a atteint 106,12 $ le baril, alors que le sentiment de risque global se déplace de l'Union européenne aux nouveaux événements au Moyen-Orient. Le gaz naturel, qui reculé au cours des derniers mois, a décroché de ses niveaux les plus bas, avançant de 0,46% à 2,638 $ le MBTU. Le sucre a été l'un des grands gagnants hier, en s'octroyant 2,94%, pour se placer à 24,47 $ la livre.






